lundi 16 février 2009

Quand on prend le temps de penser le temps.

Voilà, il se souvient de ses dix-sept ans.
Cet âge impétueux où l'on se croit poète, où l'on se voit messie, où l'on croit à notre potentiel sans un sourcillement.
Un coeur à embrasser toutes les causes humanistes, il se rappelle.
Cette volonté qu'il avait de sauver le genre humain, et les animaux, et l'environnement, et les arts. Il y croyait, à la paisible beauté.

Son allure d'enfant bohème.
Les cheveux longs, ses rastas, sans un poil au menton.
Ça le fait sourire, malgré lui.

Il traînait sur le terrain du Cégep, entre ses cours de politique et d'économie, une bière à la main, une cloppe à la gueule, et des cigares, parfois, pour faire changement.

Il s'est cherché, pendant trois ans, un métier à aimer, quelque chose de pas trop chiant, quelque chose de pas trop écoeurant.
Rien trouvé.

Alors, il a voyagé, pour voir le monde, pour être moins con, il disait.
Y'est revenu les yeux cernés, pochés, crevés, le teint vieilli de quelques années.
Il ne souriait plus souvent.

Maintenant, il approche la trentaine.
Vit dans un deux et demi, y'a pas besoin de quoi que ce soit, il dit.
Convaincu de n'avoir plus rien à aimer,
excepté ses vieux disques et ses cigares, pour passer le temps.

1 commentaire:

  1. Au début, je pensais qu'il s'agissait de moi. Tu ne me connais pas mais c'est moi pareil, cette première partie.

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