Y'a les meurtriers.
Y'a ceux qui veulent pas déplaire.
Les deux types sont des tous de cul.
Voyez l'genre:
- Ç'fait 22 ans que j'habite icitte, moé, avec Francine. Pis lui, ben c'tait not' voisin d'puis... d'puis combien d'temps d'jà, Francine?
- D'puis 15 ans!
- On n'aurait jamais pensé ça d'Michel... Sa femme pis ses trois enfants... On n'aurait jamais cru ça. Y'était ben d'adon, t'jours un beau sourire. On l'pensait pas d'même, non, on l'pensait pas d'même...
J'espère, Bobby, que t'es su'l cul... parce que l'Michel en question, l'gars avec qui tu buvais d'la bière sur ton patio neuf pis qui faisait "des maudits bons hot-dogs", il vient de dépecer sa famille-ben-ordinaire en petits morceaux... I' s'est même tiré une balle, tsé, le classique.
Toé aussi, t'es un classique, mon Bobby, celui du voisin-innocent-qui-dit-la-même-osti-d'affaire-que-tous-les-autres-voisins-innocents...
COME ON, MAN!
Serais-tu resté à côté d'Michel pendant 15 ans, à manger ton roteux moutarde-relish, si t'avais su qu'il était du type à... TUER?
Innocent, moron, sans génie d'crisse.
Pis toé, l'gros, tu pensais que j't'oublierais?
Ben non, i'm'reste encore un peu de fiel de vieille bitch.
Toé, t'es l'autre genre de crosseur... L'genre qui est donc gentil pis qui veut faire plaisir. Celui qui est trop gentil pour l'être vraiment.
Elle t'avait même pas encore laissé, que tu fourrais d'jà avec ton ex. Pis, quand 'est partie en voyage... t'en as juste profité pour fourrer plus souvent... SANS CONDOM, évidemment, parce que t'es un innocent, toé 'si.
C'quoi qu'tu m'dis?
Qu'elle t'avait trompé, elle aussi? Avec ton chum de gars?
Eh ben, c't'une osti d'bonne raison pour faire pareil, hein? Surtout quand tu sais pertinemment quelle marde ça a fait?
Faque vous avez fini par vous laisser, mais vous avez continué à baiser, pis quand elle te demandait si tu avais baisé avec une autre, parce que si c'tait l'cas, vous alliez vous protéger... eh ben, tu lui disais qu'non!
Un trou, c't'un trou, c'est ça qu'on dit, hein!
Tu lui faisais même le show du gars qui s'ennuie, avec les grosses larmes, le drama, les "je suis bien avec toi".
Ah, pis ta défaite, c'est quoi?
Qu'tu voulais pas la blesser, qu'tu voulais leur donner c'qu'elles voulaient, qu'elle est fragile, pis que tu savais pas comment l'dire...
Innocent... On peut dire que t'as atteint ton objectif...
Retourne donc te crosser, à c't'heure.
vendredi 24 avril 2009
mercredi 22 avril 2009
envie
d'écouter The Cure en se beurrant la face d'eyeliner et de rouge à lèvres; d'être une folle-au-chat qui se mettrait toute nue en dansant sur une musique qui n'existe que dans sa tête; de tenir le chat contre ses seins, en le flattant comme une automate, le regard pendu au mur; de se mettre en p'tite boule sur un plancher froid et humide en récitant une comptine malsaine; de s'éclairer aux chandelles et de se conter des histoires de peur; d'écrire du mauvais Baudelaire comme quand on avait 17 ans; de maudire les garçons et les histoires d'amour qui n'en sont pas au bout du compte...
on se contentera d'une douche brûlante en s'disant que ça finit toujours par passer.
d'écouter The Cure en se beurrant la face d'eyeliner et de rouge à lèvres; d'être une folle-au-chat qui se mettrait toute nue en dansant sur une musique qui n'existe que dans sa tête; de tenir le chat contre ses seins, en le flattant comme une automate, le regard pendu au mur; de se mettre en p'tite boule sur un plancher froid et humide en récitant une comptine malsaine; de s'éclairer aux chandelles et de se conter des histoires de peur; d'écrire du mauvais Baudelaire comme quand on avait 17 ans; de maudire les garçons et les histoires d'amour qui n'en sont pas au bout du compte...
on se contentera d'une douche brûlante en s'disant que ça finit toujours par passer.
on écrit comme l'on vit
on écrit comme l'on vit
comme on peut
mal
sans majuscules
sans ponctuation
sans souffle
avec un sourire
en braillant
on fait des fautes niaiseuses
trop de mots pas assez
difficile de trouver le juste milieu
on écrit comme l'on vit
pour les autres
pour garder ça secret
sur du papier fin
dans des carnets grossiers
avec de l'emphase
de la discrétion
pour provoquer
pour être aimée
comme on peut
mal
sans majuscules
sans ponctuation
sans souffle
avec un sourire
en braillant
on fait des fautes niaiseuses
trop de mots pas assez
difficile de trouver le juste milieu
on écrit comme l'on vit
pour les autres
pour garder ça secret
sur du papier fin
dans des carnets grossiers
avec de l'emphase
de la discrétion
pour provoquer
pour être aimée
mercredi 15 avril 2009
Salope/malpropre
Tu seras une salope,
j'serai une malpropre.
J'en ferai un carnet, d'nos aventures, que j'remplirai de marde et de mots qu'on ne dit pas à grand-maman.
'Est morte, j'le sais ben... Braille pas.
En tout cas.
Au début, j'ai pensé que c'tait une hémorroïde, parce que j'en ai jamais eu et que ça faisait mal quand j'y touchais.
T'as été constipée?
Non... ça fait que j'me suis dit que ça d'vait être le rasoir.
Ça m'fait ça aussi des fois.
J'les rase pour avoir une belle craque en doggy style, you know, pour faire clean, même quand j'suis sale. I' pourra pas dire qu'j'ai jamais rien fait pour lui.
j'serai une malpropre.
J'en ferai un carnet, d'nos aventures, que j'remplirai de marde et de mots qu'on ne dit pas à grand-maman.
'Est morte, j'le sais ben... Braille pas.
En tout cas.
Au début, j'ai pensé que c'tait une hémorroïde, parce que j'en ai jamais eu et que ça faisait mal quand j'y touchais.
T'as été constipée?
Non... ça fait que j'me suis dit que ça d'vait être le rasoir.
Ça m'fait ça aussi des fois.
J'les rase pour avoir une belle craque en doggy style, you know, pour faire clean, même quand j'suis sale. I' pourra pas dire qu'j'ai jamais rien fait pour lui.
mardi 14 avril 2009
Le val et le Nil
être ta pute
titiller ma langue
la maîtriser
la violer
pour qu’elle crie
dire n’importe quoi
des mots d’amour
c’qui te plaira
comme ça va
comme ça vient
te faire des yeux battants
me regardes-tu
tu vrilles dans ma tête
vrille-moi l’ailleurs
c’qui te plaira
comme ça va
comme ça vient
samedi 11 avril 2009
Le pouvoir des mots
C'est peut-être parce que j'étudie la littérature et que depuis mon enfance, j'ai aimé baigner dans le langage, mais je trouve que les mots ont un pouvoir qu'on ne peut négliger. Ce que je trouve dommage, c'est que bien souvent, peu de gens en ont conscience, et s'expriment sans se soucier de la symbolique des mots utilisés.
Palomar a pris l'habitude de se mordre trois fois la langue avant d'affirmer quoi que ce soit. Si, à la troisième fois, il est encore convaincu de ce qu'il allait dire, il le dit: sinon il se tait. De fait, il passe des semaines et des mois entiers en silence. (Palomar, Italo Calvino)
Au lieu de dire pour dire, il faudrait penser ce que l'on dit.
Les affects sont peut-être véritables sur le moment, mais bien des émotions ne perdurent pas dans le temps. Les émotions ne sont que de passage. Il est possible d'exprimer ses sentiments, mais en prenant bien soin de dire qu'il s'agit d'un état passager, qui risque de changer.
Cependant, il y a des états qui perdurent, et ceux-là doivent être exprimés avec justesse.
Cessons de se faire croire des choses, voilà!
Prenons conscience que pour entrer dans une véritable communication avec quelqu'un d'autre, il faut, oui, taire ce qui n'est pas nécessaire, par souci de pertinence, mais dire ce qui nous semble important d'être exprimé, sans censure. Ne perdons pas de vue que l'autre n'a que nos mots pour juger de ce que l'on pense... Il y a les actes bien sûr, mais si ces actes sont en opposition avec le langage, personnellement, je ne saurai trop quoi penser.
À être convenable, on n'exprime plus que des banalités.
Comment serait-il possible de s'aimer en toute honnêteté, si on ne fait que se dissimuler derrière des mots qui agissent comme des façades?
Il faut savoir retirer son masque, avec ceux que l'on aime, et ne pas craindre pour notre moi, tout nu, secoué de ne plus être surpuissant.
Palomar a pris l'habitude de se mordre trois fois la langue avant d'affirmer quoi que ce soit. Si, à la troisième fois, il est encore convaincu de ce qu'il allait dire, il le dit: sinon il se tait. De fait, il passe des semaines et des mois entiers en silence. (Palomar, Italo Calvino)
Au lieu de dire pour dire, il faudrait penser ce que l'on dit.
Les affects sont peut-être véritables sur le moment, mais bien des émotions ne perdurent pas dans le temps. Les émotions ne sont que de passage. Il est possible d'exprimer ses sentiments, mais en prenant bien soin de dire qu'il s'agit d'un état passager, qui risque de changer.
Cependant, il y a des états qui perdurent, et ceux-là doivent être exprimés avec justesse.
Cessons de se faire croire des choses, voilà!
Prenons conscience que pour entrer dans une véritable communication avec quelqu'un d'autre, il faut, oui, taire ce qui n'est pas nécessaire, par souci de pertinence, mais dire ce qui nous semble important d'être exprimé, sans censure. Ne perdons pas de vue que l'autre n'a que nos mots pour juger de ce que l'on pense... Il y a les actes bien sûr, mais si ces actes sont en opposition avec le langage, personnellement, je ne saurai trop quoi penser.
À être convenable, on n'exprime plus que des banalités.
Comment serait-il possible de s'aimer en toute honnêteté, si on ne fait que se dissimuler derrière des mots qui agissent comme des façades?
Il faut savoir retirer son masque, avec ceux que l'on aime, et ne pas craindre pour notre moi, tout nu, secoué de ne plus être surpuissant.
lundi 6 avril 2009
elle a sa gueule des mauvais jours
depuis une semaine
elle ne parle qu'en monosyllabes
et rit pour leur faire plaisir
s'assumer, s'assumer
ben facile à dire
qui se jetterait en bas d'une falaise,
s'il avait peur de se blesser?
faut pas y penser
faut avoir confiance
qu'on va en crever
pis que ce s'ra pas grave.
depuis une semaine
elle ne parle qu'en monosyllabes
et rit pour leur faire plaisir
s'assumer, s'assumer
ben facile à dire
qui se jetterait en bas d'une falaise,
s'il avait peur de se blesser?
faut pas y penser
faut avoir confiance
qu'on va en crever
pis que ce s'ra pas grave.
samedi 4 avril 2009
Eh...
boire d'la slush jusqu'à en avoir mal au ventre
se bourrer de crème glacée molle pis avoir mes doigts collés
les essuyer sur ton t-shirt, sans que tu sois fâché
écraser ton restant dans ma face pis faire semblant d'être offusquée
frapper des balles sur mon terrain en campagne
pas trop travailler pour pas s'faire chier
s'étendre sur des plages-pas-californiennes
aimer ça quand même
t'enterrer dans le sable pis te chatouiller les pieds
marcher la nuit avec une bouteille de rouge
être ivres avec les constellations qui tournent
ne reconnaître que la Grande Ourse
faire l'amour quek'part parce qu'on se trouve beaux
aller dans le Vieux-Québec
faire les touristes pis s'prendre en photo
chiller au festival de jazz
se prendre des pintes sur une terrasse
pis des poutines au Ashton
te voir en bermudas pis en gougounes
puer la crème solaire
aller à New-York parce qu'on a l'temps
lire des bouquins au soleil
dormir collés même s'il fait chaud
écouter la pluie la nuit
ou les criquets
manger du barbecue
écouter le nouveau cd des 3 gars su'l sofa
pas trop penser à l'avenir
parce qu'on est bien pis qu'on l'sait
c'est plate que tu partes
y a pas d'autres façons de le dire
se bourrer de crème glacée molle pis avoir mes doigts collés
les essuyer sur ton t-shirt, sans que tu sois fâché
écraser ton restant dans ma face pis faire semblant d'être offusquée
frapper des balles sur mon terrain en campagne
pas trop travailler pour pas s'faire chier
s'étendre sur des plages-pas-californiennes
aimer ça quand même
t'enterrer dans le sable pis te chatouiller les pieds
marcher la nuit avec une bouteille de rouge
être ivres avec les constellations qui tournent
ne reconnaître que la Grande Ourse
faire l'amour quek'part parce qu'on se trouve beaux
aller dans le Vieux-Québec
faire les touristes pis s'prendre en photo
chiller au festival de jazz
se prendre des pintes sur une terrasse
pis des poutines au Ashton
te voir en bermudas pis en gougounes
puer la crème solaire
aller à New-York parce qu'on a l'temps
lire des bouquins au soleil
dormir collés même s'il fait chaud
écouter la pluie la nuit
ou les criquets
manger du barbecue
écouter le nouveau cd des 3 gars su'l sofa
pas trop penser à l'avenir
parce qu'on est bien pis qu'on l'sait
c'est plate que tu partes
y a pas d'autres façons de le dire
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