C'est peut-être parce que j'étudie la littérature et que depuis mon enfance, j'ai aimé baigner dans le langage, mais je trouve que les mots ont un pouvoir qu'on ne peut négliger. Ce que je trouve dommage, c'est que bien souvent, peu de gens en ont conscience, et s'expriment sans se soucier de la symbolique des mots utilisés.
Palomar a pris l'habitude de se mordre trois fois la langue avant d'affirmer quoi que ce soit. Si, à la troisième fois, il est encore convaincu de ce qu'il allait dire, il le dit: sinon il se tait. De fait, il passe des semaines et des mois entiers en silence. (Palomar, Italo Calvino)
Au lieu de dire pour dire, il faudrait penser ce que l'on dit.
Les affects sont peut-être véritables sur le moment, mais bien des émotions ne perdurent pas dans le temps. Les émotions ne sont que de passage. Il est possible d'exprimer ses sentiments, mais en prenant bien soin de dire qu'il s'agit d'un état passager, qui risque de changer.
Cependant, il y a des états qui perdurent, et ceux-là doivent être exprimés avec justesse.
Cessons de se faire croire des choses, voilà!
Prenons conscience que pour entrer dans une véritable communication avec quelqu'un d'autre, il faut, oui, taire ce qui n'est pas nécessaire, par souci de pertinence, mais dire ce qui nous semble important d'être exprimé, sans censure. Ne perdons pas de vue que l'autre n'a que nos mots pour juger de ce que l'on pense... Il y a les actes bien sûr, mais si ces actes sont en opposition avec le langage, personnellement, je ne saurai trop quoi penser.
À être convenable, on n'exprime plus que des banalités.
Comment serait-il possible de s'aimer en toute honnêteté, si on ne fait que se dissimuler derrière des mots qui agissent comme des façades?
Il faut savoir retirer son masque, avec ceux que l'on aime, et ne pas craindre pour notre moi, tout nu, secoué de ne plus être surpuissant.
Très juste. Surtout la fin, particulièrement articulée. Dommage que toute la subtilité des mots ait aussi peu d'échos chez tant de gens. Dommage...
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