mardi 31 mars 2009

Quand on prend le temps de penser le temps. (2)

Il marche en avant, avec son air sûr de lui.
Avec l'air de savoir où il va, comme si c'était si simple.
Comme si on passait pas sa vie à se chercher.
On n'est jamais perdus, c'est vrai, mais on se cherche quand même.

Moi, j'suis à l'arrière, je cours.
Le temps ne se retourne pas, ne me sourit pas.
Il m'éreinte, il me creuse la peau, pendant que j'creuse mon lit.

À 50 ans, j'me disais qu'on devait avoir l'impression d'avoir vécu.
Mais mon père m'a dit que sa vie a déboulé à partir d'la vingtaine.
Que ça faisait peur quand on s'dit que ce qui nous reste à parcourir, est moins long que le chemin parcouru.
Que les années qui passent le moins vite sont celles de l'enfance.

Celles où l'on ne fait que jouer, sans penser à l'avenir,
où l'on se contente d'être, sans chercher à devenir.

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